Le petit d’homme vient au monde avec une immaturité neuro-motrice. Les muscles fléchisseurs des membres sont toniques, les muscles du dos sont hypotoniques. Cette bipolarité primaire entraîne une flexion des membres sur le tronc et un enroulement du dos en avant. Le jeu moteur des muscles fléchisseurs extenseurs ne sera présent que vers le 6 ème mois. Un équilibre tonique se manifestera ensuite par la station assise et la préhension volontaire.
Si un bébé a des gestes en extension, la tête qui se projette en arrière, le dos en arc de cercle ou au contraire, une hypotonie importante, les parents en sont aussitôt alertés.    Les réactions du bébé aux sur-stimulations sont les mêmes pour tous.
Sur-stimulé, le bébé se crispe, s’enroule comme un hérisson, pleure, attend que l’on vienne l’apaiser…
L’ enroulement est une posture de protection, dans cette posture de fermeture, le bébé a les muscles tendus, vit un déplaisir, des sensations désagréables….A l’opposé, toute sensation douce s’accompagne d’un apaisement qui détend le corps…
En apportant une réponse adaptée aux pleurs de son enfant, le parent s’ajuste à l’état tonico-émotionnel de son bébé,( par des paroles apaisantes, par un portage sécurisant , une contenance enveloppante) et du coup permet le passage de la tension à la détente.

Mais des excès d’hyper-tonicité, de déséquilibre entravent tout le développement psycho-moteur de l’enfant. Non seulement, ses besoins de base ne sont pas satisfaits mais il subit des sur-stimulations nocives qui figent son état émotionnel vis à vis des autres.           Alors le bébé se développe dans un déséquilibre tonique et une motricité non adaptée à ses besoins propres et à sa relation aux autres. L’enfant bouge beaucoup et sa motricité est une errance. Il éclate émotionnellement à la moindre frustration.
Par ces mouvements incessants, l’enfant se crée une enveloppe motrice «  il est increvable «  disent ses parents, car sa motricité non reliée au langage a perdu sa fonction d’apaisement….

Les enfants qui se sont construits autour d’une hypertonie, sans détente suffisante et sans une relation empathique, risquent de présenter dès l’entrée à l’école maternelle des troubles du comportement.
Un père qui adore chahuter avec son fils disait : «  le problème avec mon fils, c’est qu’il ne veut plus s’arrêter quand on chahute... » Toutes les situations éducatives qui sont basées sur des sur-stimulations physiques et émotionnelles mettent l’enfant dans un état de tension permanente…
La motricité et la tonicité sont inscrites dans le développement de l’enfant et sont donc inséparables du monde affectif et relationnel de cet enfant.

Et donc parents comme soignants doivent comprendre la motricité débutante de l’enfant comme lien relationnel, affectif et de communication avec autrui.

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